Une espèce de truc

Dans cet article, nous allons nous intéresser à une faute que l'on entend souvent : l'utilisation de « un espèce de » au lieu de « une espèce de ».
En effet, le mot espèce est un nom féminin et le reste quelle que soit la situation dans laquelle il est utilisé.
Ainsi, on parle d'une espèce animale ou d'une espèce d'objet, même si le mot qui suit, objet en l'occurrence, est un nom masculin.
De même qu'on ne dirait pas « un sorte d'objet » ou « une genre d'objet », on ne peut pas dire « un espèce d'objet ».

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« Prêt à » et « près de »

Contrairement à ce que l'on peut parfois lire, on ne peut pas écrire « prêt de ». Il faut choisir entre « prêt à » ou « près de », sachant que ces deux formules n'ont pas tout à fait le même sens.

« Prêt à » signifie que l'on est « disposé à » ou « fin prêt pour ». 
« Près de » signifie que l'on est « sur le point de ».

Par exemple, une famille peut être prête à décoller, alors que l'avion n'est pourtant pas près de décoller. En effet la famille est arrivée à l'aéroport et a procédé à toutes les étapes d'enregistrement. Elle est donc fin prête. Mais l'avion, en raison d'un problème technique, par exemple, ne peut pas décoller tout de suite.

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Je ferai ou je ferais ?

Les deux formes existent, mais impliquent un sens différent.

« Je ferai » est au futur et désigne quelque chose qui se produira dans l'avenir ou qui est susceptible de se produire.
Demain, je ferai un gâteau.
Demain, je ferai peut-être un gâteau.

« Je ferais » est au conditionnel et désigne quelque chose que l'on souhaite voir se produire ou soumis à condition.
Demain, je ferais bien un gâteau.
Si j'avais le temps, je ferais un gâteau.

À noter
Quand une proposition dépend de la condition introduite par un « si » dans une autre proposition, il existe plusieurs possibilités.
  • Lorsque la proposition introduite par un « si » est au présent de l'indicatif, la (ou les) proposition(s) contenant les conséquences est (sont) au futur simple de l'indicatif.
    Si tu viens, je ferai un gâteau et je le décorerai.
     
  • Lorsque la proposition introduite par un « si » est à l'imparfait de l'indicatif, la (ou les) proposition(s) contenant les conséquences est (sont) au conditionnel présent.
    Si tu venais, je ferais un gâteau et je le décorerais.
     
  • Lorsque la proposition introduite par un « si » est au plus-que-parfait, la (ou les) proposition(s) contenant les conséquences est (sont) au conditionnel passé.
    Si tu étais venu, j'aurais fait un gâteau et je l'aurais décoré.

Voici le rappel des terminaisons au futur simple (de l'indicatif) et au conditionnel présent.
Indicatif futur simpleConditionnel présent
Je-raiJe-rais
Tu-rasTu-rais
Il/Elle/On-raIl/Elle/On-rait
Nous-ronsNous-rions
Vous-rezVous-riez
Ils/Elles-rontIls/Elles-raient

Astuce
La confusion se produit généralement seulement sur le pronom « je », puisque la prononciation est la même, alors que l'écriture et le sens ne sont pas les mêmes.
En cas de doute, vous pouvez donc essayer le remplacement par un autre pronom (« tu », par exemple). Ainsi, la prononciation n'étant pas la même, vous saurez immédiatement s'il s'agit d'un futur ou d'un conditionnel.

Petit truc en plus
Pour se rappeler que la terminaison du futur à la première personne du singulier est rai, pensez qu'au futur, on est normalement dans le vrai, ce qui n'est pas le cas au conditionnel.

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Plein ou pleins ?

Pendant la période des fêtes de fin d'année, où nos estomacs sont pleins de bonnes choses, nous nous souhaitons également plein de bonnes choses.

Mais comment faire la différence?
Si « plein » peut être remplacé par « beaucoup », alors il est également adverbe et invariable: « Il y a plein de fautes dans ce texte. »
Si « plein » peut être remplacé par « rempli », alors il est également adjectif et s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il complète: « On ne parle pas la bouche pleine. »

À noter
« Plein » peut également être un nom, qui reste au singulier, comme dans les expressions « en plein dans », « battre son plein », « faire le plein ».
« Plein » reste également invariable dans les expressions comme « en avoir plein la bouche ».

Leur ou leurs ?

L'heure est venue de faire le point sur l'écriture de « leur » : avec ou sans ?
  • Si « leur » est un pronom personnel, il est associé à un verbe et il n'y a pas de s.
    Je leur ai demandé de venir.
  • Si « leur » est un pronom possessif, il est généralement précédé de « le », « la » ou « les » et s'accorde en fonction.
    J'étais chez les Martin hier, votre maison est plus belle que la leur.
    J'avais oublié mes feutres, ils m'ont donc prêté les leurs.
  • Si « leur » est un adjectif possessif, il précède un nom et s'accorde avec lui.
    Ils ont mis leurs lunettes. Le mot « lunettes » étant toujours au pluriel, le pluriel s'impose aussi pour « leurs ».
    Ils ont mis leur pantalon à l'envers. Comme chacun ne porte qu'un pantalon, le singulier s'impose.

    Cependant, dans certains cas, on peut hésiter sur l'emploi du singulier ou du pluriel.
    Ils ont passé la semaine chez leur sœur. L'emploi du singulier fait supposer qu'ils sont frères.
    Ils ont passé la semaine chez leurs sœurs. Ici, on peut se demander s'ils sont frères et ont plusieurs sœurs qui habitent ensemble ou s'ils sont allés chacun chez sa sœur (ou chez ses sœurs).
    Dans ce cas-là, il est préférable d'utiliser une autre tournure qui ne laisse pas de place au doute.
    Par exemple:
    Ils ont passé la semaine ensemble chez leurs sœurs.
    Chacun a passé la semaine chez sa sœur / ses sœurs.

Astuce
« Leur(s) » étant associé à la troisième personne du pluriel, en cas de doute, essayez de passer à la troisième personne du singulier.
  • Si le remplacement donne lui, on est en présence d'un pronom personnel. Il faut donc écrire leur.
    Je lui ai demandé de venir. => Je leur ai demandé de venir.
  • Si le remplacement donne sien, sienne, siens, siennes, on est en présence d'un pronom possessif.
    J'étais chez Martin hier, votre maison est plus belle que la sienne. => J'étais chez les Martin hier, votre maison est plus belle que la leur.
    J'avais oublié mes feutres, il m'a donc prêté les siens. => J'avais oublié mes feutres, ils m'ont donc prêté les leurs.
  • Si le remplacement donne son, sa, ses, on est en présence d'un adjectif possessif.
    Il a mis ses lunettes. => Ils ont mis leurs lunettes.
    Il a mis son pantalon à l'envers. => Ils ont mis leur pantalon à l'envers.

À propos des tartines grillées

Grande question ce matin.
Les premières tartines grillées étant un peu pâlichonnes, elles sont retournées faire un tour dans le grille-pain.
À leur sortie, nous pouvions nous exclamer : « Ces tartines, nous les avons fai* vraiment grill* ! »
Telle est la question, les avions-nous fait ou faites griller ou grillées ?

Nous avons tous en tête que, lorsqu'il est suivi d'un infinitif, le participe passé fait ne s'accorde pas. On doit donc dire que « Ces tartines, nous les avons fait vraiment griller ! »
Mais cette phrase peut admettre une déclinaison subtile sous la forme de « Ces tartines, nous les avons faites vraiment grillées ! ». Dans ce cas, nous sommes en présence d'un simple participe passé (non suivi d'un infinitif ici, mais d'un adjectif), ce qui explique l'accord avec le COD « ces tartines ».

Dans ce cas particulier, les deux prononciations peuvent donc être acceptées. Il existe cependant une différence de sens entre ces deux phrases, la première mettant l'accent sur l'action de griller les tartines, la seconde mettant l'accent sur le résultat de l'action, c'est-à-dire les tartines grillées.

Cette nuance n'est bien entendu possible que pour les verbes du premier groupe, la différence s'entendant pour les verbes des autres groupes.
Ces tartines, nous les avons fait vraiment cuire.
Ces tartines, nous les avons faites vraiment cuites.